Hydrologie

Hydrologie de la commune

citerne1Les caractères morphologiques et la nature des formations lithologiques qui constituent le plateau des Gras conditionnent les réserves en eau souterraine de la commune.

La partie supérieure de la sédimentation jurassique recevant les eaux météorique est composée d’assises calcaires stratifiées plus ou moins épaisse à l’exception des zones karstiques diaclasées en surface.

Dans les masses compactes de calcaires avec ou sans inter-lits marneux ou grumeleux les points ou plans de stratification ne constituent que très rarement des cheminements privilégiés à l’eau et encore moins de réserves.

Les calcaires ou carbonate de calcium sont peu solubles. En revanche ils deviennent relativement solubles dès que l’eau à faible PH se charge de gaz carbonique. Il se forme un bicarbonate de calcium conforme à la relation :

Ca Co3 + Co2 + H20 = Ca (Hco3) 2

La capacité des réserves hydraulique dans les grandes masses de calcaires est dont liée aux phénomènes secondaires suivants :

  • L’activité tectonique fracturant et fissurant le milieu compacte.citerne4
  • La dissolution des calcaires par l’action des chargées d’acide carbonique, souvent redéposés sous forme de concrétions.
  • Ces deux phénomènes complémentaires affectent la totalité des dépôts marins jurassiques.
  • L’impluvium calcaire du plateau des Gras malgré la présence en surface d’argiles rouges de décalcification qui ont tendance à colmater les diaclases et les fissures s’avère perméable et draine immédiatement en profondeur les précipitations.
  • Pour l’habitant des Gras la seule façon de se procurer de l’eau consiste à utiliser comme impluvium les surfaces planes des bancs calcaires. L’eau recueillie est dirigée vers une citerne enterrée (souvent une diaclase maçonnée) qui est exploitée comme s’il s’agissait d’un puits. En réalité il n’existe aucune nappe aquifère.
  • Depuis le néolithique les Gras ont constitué un lieu privilégié d’occupation humaine sédentaire parce que secs alors que les plaines étaient boisés humides et insalubres.
  • L’eau ne manquait pas dans les rivières ni les terrains de parcourt pour les troupeaux.
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citerne2Pendant la période Gallo-Romaine, les Gras de Chapias plantés d’oliviers, faisaient aussi l’objet, pensons-nous, d’une forte implantation humaine. Le transport de l’eau sur les sites occupés ne posait aucun problème.

Chapias n’est desservi par un réseau d’eau que depuis 1982. Le rôle principal de la collecte et de l’emmagasinement des précipitations atmosphériques (en moyenne 900m/m par an) revient aux failles, aux fracturations et micro fracturations dues surtout à l’orgogénése Alpine qui a soulevé et cassé la région suivant des axes privilégiés, plus sensibles à l’érosion en surface et qui constituent de véritables drains à l’origine des grottes et des avens.

Dans ces fractures ouvertes et maillées les eaux souterraines circulent librement et forment le réservoir hydraulique ramifiés d’un milieu fissuré discontinu. Par contraste à architecture tabulaire du plateau des Gras. Les paysages du kimméridgien terminal, à l’Est de Chapias, présentent un aspect chaotique par de nombreux entonnoirs d’effondrement ou dolines résultant de la dissolution des calcaires par les eaux de surface acides. Les fonds ou « Cros » en occitan sont comblés par des apports d’argiles de décalcification favorables aux cultures.

citerne3Le niveau piézométrique des eaux souterraines s’équilibre par les sources de déversement au pied de l’entaille du plateau par la vallée de la Baume : Les sources sont donc les exutoires d’une capacité hydraulique non discernable de la surface, renouvelé par les pluies.

A la fin du tertiaire, au relèvement de la cuesta des Gras, le réseau hydrographique existant drainant les massifs cristallins fut complètement bouleversé, les rivières commencèrent par inonder la plaine de Rosières en attendant que la fracture dans laquelle la Baume a établi son sit s’approfondisse, s’élargisse et évacue les débits instantanés des torrents Cévenols.

Ce phénomène s’est appliqué a toutes les rivières qui durent recouper le jurassique en Ardèche pour s’évacuer dans le fossé Rhodanien.

Les ressources en eau stockées en surface dans des citernes très insuffisantes en quantité et en qualité incitèrent la population à rechercher des eaux souterraines dès que les moyens le permirent à partir de la décennie 1970.

Une dizaine de forages furent exécutés : nous en donnons les résultats le plus significatif :

Trois forages exécutés par monsieur Gabriel Sévénier qui a bien voulu nous faire connaître leur caractéristiques :

  • Un forage de 87 mètres à la Combette dans une doline à 200 mètres au Nord de Chapias, en 1975.
  • Une petite arrivée d’eau boueuse, non potable, à 74 mètres
  • Débit 1,6m3/heure, 0,20 difficulté de creusement.
  • Le marteau est resté au fond et l’électro pompe fut retirée.
  • L’eau se stabilise à 18 mètres.
  • Un forage à la Blache de Serre en 1976, au fond d’une doline de 0 à 18 mètres, terre rouge, de 18 à 28 mètres, argiles.
  • Calcaire secs de 28 à 128 mètres eau trouble, rouge, débit 600l/heure.
  • niveau de l’eau stabilisé à 37 mètres de la surface.
  • L’ouvrage présente un intérêt géologique en nous montrant une accumulation de 28 mètres d’argiles rouges au fond de la doline. Ces deux exemples indique que les fonds de doline bien que plus fissurés n’offrent aucune garantie quant à la rencontre de fractures aquifères. Un forage peut passer à moins de 50 centimètres de l’une d’elles et rester sec.
  • Un forage au lieu dit l’Issart près de la falaise de la rivière La Baume, en 1676.
  • 4 mètres de terre argileuse ensuite de 4 à 133 mètres calcaires durs et secs. Le fond du forage est bien en dessous du niveau de la rivière.
  • Ces trois forages, implantés après investigations en surface sont abandonnés.
  • Autres forages :
  • Deux forages implantés sur l’oxfordien supérieur à 200 mètres de la ligne de crête de la Cuesta des Gras.
  • Profondeur 60 à 70 mètres. Un peu d’eau au toit des marnes calloviennes. Un bassin de 90 m 3 est rempli en 15 jours par un forage pour besoins agricoles.
  • Un 2ème forage alimente la maison.citerne-labeaume
  • Nous concluons en disant que non seulement il n’existe aucune nappe profonde mais que les calcaires jurassiques constituent un milieu très compact et peu fissuré et qu’il faut multiplier les ouvrages pour obtenir 1 ou 2 m3/heure. Il est inutile de les approfondir au delà de 120 mètres dans des calcaires secs.
  • Ces résultats sont identiques à ceux obtenus de part et d’autres de l’aérodrome de Lanas, implantés sur les mêmes formations. Deux forages de 140 et 200 mètres sont restés secs. Les autres présentent les mêmes caractéristiques que ceux du plateau de Labeaume.
  • Le forage scientifique de Balazuc, implanté sur le kimméridgien supérieur des Gras, exécuté dans le cadre d’un programme de Géologie profonde de la France, est resté totalement sec après avoir traversé une fosse sédimentaire carbonatée jurassique sur 1350 mètres, ensuite 300 mètres de grès du Trias.
  • Nous remercions Madame Simone Sarreméjeanne de Linsolas, mémoire vivante de son plateau, qui a servi de trait d’union entre nos connaissances et la réalité spécifique du terrain

 

 

Bulletin Municipal de Labeaume,  » Le Labeaumois « , Juillet 1998, N°8

Jean Roure